Extrait du livre La Tour abolie de Gérard MORDILLAT

 » Bollo avait demandé à Peggy de lui faire lire autre chose que des histoires de chevaliers ou de la poésie.
Sur les conseils de son frère, elle lui fit lire un passage du Discours de la servitude volontaire de La Boétie dont elle avait tiré une page sur Internet:

«C’est un malheur extrême que d’être assujetti à un maître dont on ne peut jamais être assuré de la bonté, et qui a toujours le pouvoir d’être méchant quand il le voudra. Quant à obéir à plusieurs maîtres, c’est être autant de fois extrêmement malheureux. »

– Putain, ça déchire! s’enthousiasma Bollo.
– T’emballe pas, ce n’est que le début.
– C’est qui le mec qui a écrit ça?
– La Boétie, au XVIe siècle.

Bollo ouvrit son cahier.
– Ça s’écrit comment son nom? « 

C’est en essayant de susciter un esprit critique de la part de chacun de nous que nous pourrons faire avancer un autre projet de société.  

La peur de savoir et l’ignorance de notre force.
Sans haine, ni violence.

Canard Sauvage